Association Racines

L’art dans l’espace public interdit à Casablanca

A Casablanca, la situation des artistes de rue qui souhaitent se produire dans l’espace public, ne s’améliore pas. Après leurs déboires de 2017 avec les autorités de la ville, ils avaient réussi à faire de la place des Nations-Unies à Casablanca un espace où se côtoient les musiciens, les chanteurs, les jongleurs, les clowns et autres artistes de rue, au grand bonheur des habitués de la place.

Il y a quelques semaines, les autorités ont de nouveau décidé de les interdire, suite à une plainte pour “nuisance sonore” déposée par les riverains. Une énième intervention des agents de l’autorité pour empêcher les musiciens de jouer a abouti, le 13 novembre dernier, à l’arrestation avec mise en examen de deux d’entre eux, Badr Mouataz et Mehdi Achataoui, pour “outrages et violences à l’encontre de fonctionnaires durant l’exercice de leur fonction” et pour avoir ”porté atteinte aux autorités dans l’exercice de leur fonction″, risquant ainsi des peines de prison ferme allant jusqu’à cinq ans de réclusion (articles de 263 jusqu’à 267 du code pénal).

Libérés après être passés devant le juge le jeudi 22 novembre, ils ont écopé d’une peine d’un mois avec sursis, malgré le retrait de la plainte déposée à leur encontre par les autorités locales.

Depuis l’annonce de leur arrestation, les artistes, activistes et citoyens se sont mobilisés sur les réseaux sociaux à travers la campagne #free_lfen (libérez l’art) appelant à libérer les deux artistes. Quelques organisations internationales de défense de la liberté d’expression artistique telle que Artists at risk connection, avaient également relayé cette campagne.

Racines, dont l’une des missions consiste à défendre le droit d’accès des artistes à l’espace public, a initié depuis 2016 le projet FADAE (Free Access and Diversity for All and Everyone), campagne de plaidoyer pour la libre exploitation de l’espace public par les citoyens (artistes, minorités, collectifs, … ). Ce plaidoyer s’appuie sur une pétition nationale, toujours en cours de signature, qui sera déposée auprès du Chef du Gouvernement (conformément au Dahir n 1-58-377 du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) relatif aux rassemblements publics).  

Plus d’infos :

Manifeste FADAE
Spot vidéo FADAE
A propos de la pétition

 

26/11/2018 - 14:44